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Movember - Témoignage de Pierre
November 6, 2020 14:20

Cette année encore, Thales Digital Factory soutient Movember dans son action pour changer le visage de la santé masculine, à travers le financement de projets autour de la santé des hommes dans le monde, remettant en cause le statu quo, bouleversant les recherches sur ce sujet et transformant la façon dont les services de santé atteignent et soutiennent les hommes. Toutes les semaines, nous publierons vos témoignages, vous qui avez été touchés personnellement ou dans votre entourage pas ces problèmes. Cette semaine nous interrogeons Pierre Merlin (aussi TDF Movember Team Captain) qui nous raconte son expérience personnelle.

Mo-Interviewer : Peux-tu nous raconter ton expérience avec les sujets traités par Movember ?

Pierre : En mars 2018, j'ai été consulter mon médecin généraliste suite à des douleurs vives et à une grosseur testiculaire que j'avais pu sentir en auto-palpation. Mon médecin généraliste m'a redirigé vers un spécialiste, un chirurgien urologue, pour préciser le diagnostic. Après une batterie de tests (échographie, prises de sang), le verdict est tombé : cancer du testicule.

Et dans ces cas-là, pas de risque, on opère et on retire le testicule atteint (ça s'appelle une orchidectomie), en espérant que le cancer ne se soit pas déjà répandu ailleurs. Donc je passe sur le billard (le jour de mes 33 ans, bon anniversaire!), l'opération est plutôt facile et se passe bien, en 1/2 journée c'est fait, je peux rentrer chez moi tout de suite, puis j'enchaîne avec d'autres tests (Scanner, PET Scan, re-prises de sang) pour voir si les cellules cancéreuses ont pu se propager et causer des métastases ailleurs. Bonne nouvelle : pas de métastase visibles ! Mauvaise nouvelle : après analyse, les cellules cancéreuses se révèlent être malignes (carcinome embryonnaire).

Du coup, l'oncologue (spécialiste du cancer) qui m'a pris en charge m'annonce la difficile nouvelle : il va falloir passer par la case chimiothérapie, histoire d'être sûr que toutes les cellules cancéreuses sont éliminées de mon organisme. Les prises de sang confirment, il va falloir nettoyer tout ça... S'ensuivent donc 4 cures de chimiothérapie, étalés entre début mai et fin juillet, sur le principe d'enchaîner 4 fois 3 jours de cure et 2 semaines de repos. On m'installe un PAC (chambre implantable, sorte de cathéter branché directement sur une grosse veine et permettant de piquer facilement lors de la chimio). Les effets sont assez intenses pendant et après les cures : principalement nausées, énorme fatigue, perte des cheveux, barbe, sourcils et autre pilosité. J'arrive à passer quelques jours à peu près normaux entre chaque cure avant d'y retourner.

Après quelques mois à ce rythme, enfin, c'est fini! On refait une batterie de tests, qui concluent que tout va bien (mais que je vais rester sous surveillance pendant un moment...). Je suis guéri, plus de signe de cellules cancéreuses dans mes prises de sang, les tests d'imagerie sont bons également, je m'en suis sorti !

Mo-Interviewer : Comment as-tu vécu cette expérience ? Qu'as-tu ressenti ?

Pierre : L'annonce que j'avais un cancer m'a beaucoup ébranlé. Je me suis toujours dit que ça ne pouvait arriver qu'aux autres. C'était une période très difficile, d'autant que je venais d'être papa d'une fille qui avait 3 mois lors du diagnostic. Je me suis surtout inquiété pour ça à l'époque, j'avais vraiment peur de ne pas la voir grandir, de ne plus être là pour ma famille. Je me souviens avoir pleuré dans le métro en rentrant de mon rendez-vous.

Mais j'ai été très bien entouré, ma compagne a été un soutien indéfectible dans cette épreuve, pendant laquelle je me suis vraiment recentré sur ma famille proche. Ma belle- mère est venue nous aider, car une petite fille de quelques mois, ça n'aide pas vraiment à se reposer... J'ai des médecins dans ma famille proche, donc ça m'a pas mal aidé aussi. J'ai fait le choix de ne pas en parler à mon entourage moins proche, j'avais besoin d'être tranquille et d'affronter ça sans devoir en parler et expliquer ça à beaucoup de monde.

Une fois le choc initial passé, j'ai été assez serein pendant la chimiothérapie, j'ai toujours été d'un naturel assez optimiste, et ça s'est plutôt bien passé pour moi au final!

J'ai enchaîné avec quelques mois de congé parental pour me remettre complètement et pouvoir vraiment construire ce lien qui m'avait un peu manqué avec ma fille. Aujourd'hui, j'arrive à en plaisanter, même si je ne garde pas un bon souvenir de cette période (faut pas déconner non plus...).

Mo-Interviewer : Quels sont les éléments qui t'ont aidé ? Qu'est- ce qui t'as manqué ?

Pierre : Je n'étais pas du tout informé avant ça sur les moyens de prévention, les gestes de dépistage, les bonnes habitudes, tout ça. Du coup je me suis retrouvé face à quelque chose que j'avais du mal à comprendre au début, et je n'ai pas su tout de suite comment réagir, j'ai eu un blocage pendant quelques temps avant d'aller voir un médecin, alors que j'avais déjà des doutes sur ce qu'il se passait. Ca aurait pu tourner beaucoup plus mal si j'avais attendu encore...

Ma famille et mon entourage m'ont beaucoup aidé dans ces moments. J'ai été très bien accompagné tout au long du process, mon oncologue a vraiment été très disponible, j'ai pu lui poser toutes les questions que j'avais, et elle a fait un vrai travail d'explication détaillée de toutes les phases et de tout ce qui allait se passer. Une fois que tout était clair et que je savais ce qui m'attendait, que j'étais conscient aussi des inconnues, ça m'a rassuré.

Après, le pire pour moi ça a été la fatigue permanente. Difficile de faire quoi que ce soit dans la journée après les cures, je dormais beaucoup et sortait peu, même si j'essayais de passer du temps avec ma fille une fois que les effets de la dernière s'étaient un peu dissipés, avant de replonger dans une autre.

Mo-Interviewer : Qu'est-ce que tu en retiens ?

Pierre : Au final, je ne garde pas beaucoup de séquelles de cet épisode de ma vie, qu'elles soient physiques ou psychologiques. La vie a redémarré doucement après la fin de la chimiothérapie, j'ai pu profiter pleinement de ma famille et reprendre le cours de ma vie qui s'était un peu arrêté quelques mois auparavant.

Ca m'a fait également relativiser, et j'ai pu réfléchir à ce que je voulais faire aussi pour la suite de ma carrière, ce qui m'a amené à changer de job peu après. Comme je le disais, j'aime en plaisanter maintenant, j'ai eu la chance de bien m'en sortir, donc je prends ça comme un épisode constructif de ma vie, que je veux maintenant utiliser à bon escient, notamment en m'engageant dans des causes comme Movember.

Mo-Interviewer : Comment peut-on aider, chacun à sa façon, les causes de Movember ?

Pierre : Chacun peut participer, à son échelle, avec ses moyens à Movember. Pas besoin d'avoir une moustache pour en parler. Une des choses très utile à laquelle participe Movember, c'est la sensibilisation et la prévention. Tous les jeunes hommes qui vont entendre parler de ces problèmes seront plus sensibilisés que je ne l'étais, et sauront faire ces gestes de dépistage, sauront comment réagir s'ils ont un doute, pourront en parler sans tabou.

Donc même sans donner, on peut participer à cette partie, simplement en se renseignant, en en discutant, en sensibilisant les gens qui nous sont chers autour de nous. Après, tout le monde peut faire un don, même petit, qui compte. Les dons vont à des projets de recherche, dont vous pourrez trouver les détails sur le site www.movember.com 

Ceci est mon expérience, donc j'ai souhaité témoigner sur ce problème en particulier, mais Movember lutte également contre d'autres problèmes de santé masculine (cancer des testicules, de la prostate, santé mentale, prévention du suicide).

Plus d'infos sur movember.com.
Pour faire un don, vous avez deux solutions :

Passer par la page de l'équipe Thales Digital Factory (https://fr.movember.com/team/2338883), mais les dons faits ici ne sont pas dé-fiscalisables.

Pour faire un don défiscablisable (66%), il faut le faire à la Fondation de France directement (https://donate.transnationalgiving.eu/france/movember), et vous pouvez me transmettre par mail (pierre.merlin@thalesdigital.io) le reçu de votre don pour que je puisse incrémenter le score de l'équipe Thales Digital Factory.

Merci!

 

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